Vivre l'art- Muriel CAYET - Août 2018

par Muriel CAYET  -  26 Août 2018, 11:16  -  #Peinture, #Photographie, #Créativité, #Philosophie, #Photographie géopoétique, #Littérature, #Art-thérapie

A la source de l'art, le rêve - Photographies et compositions numériques Muriel CAYET

A la source de l'art, le rêve - Photographies et compositions numériques Muriel CAYET

 

Il est établi que l’art développe les facultés d’expression, de communication, de relation, à soi, à l’autre. Il apaise, transfigure, socialise. Il permet aussi d’exprimer ce qui se cache, se terre, se disperse au tréfonds de l’individu, dans l’indicible de l’inconscient comme un  irrépressible besoin de reconstruire le réel.

 Un peu d’histoire :

 Pour le courant romantique, l’art apparaît comme la réalisation des rêves d’éternité, de perfection ; peut-être aussi parce qu’il donne un autre sens au réel. Claude Lantier dans « L’Oeuvre  »  de Zola et Basil Hallward dans « Le Portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde dérobent aux ravages du temps le visage de leurs modèles pour les figer dans une éternelle et incorruptible beauté. L’art possède donc le pouvoir de sauver l’image d’un être de la destruction. L’artiste vit alors la création  comme une compensation au réel, comme un dépassement des normes imposées par la nature et la condition humaine.

Le portrait de Dorian Gray permettra à Hallward de conserver intacte la perfection du jeune homme qu’il admire ; celui de Christine permet à Claude Lantier de nier la fatalité du vieillissement qui ruine le corps de son épouse adorée.

 

L’amateur d’art peut aussi transférer ses sentiments de l’être réel à sa représentation. Ainsi, dans le roman d’Aragon, Aurélien s’est épris d’une jeune femme Bérénice qui ressemble étrangement au masque mortuaire d’une jeune noyée retrouvée dans la Seine ; quand il retrouve des années plus tard Bérénice, elle a perdu de son charme et il transfère son amour sur l’œuvre d’art qui, elle, s’est pérennisée dans sa perfection.

 

L’art peut être aussi dépassement du réel puisqu’il est création, activité exercée – en principe- en toute liberté.  Il permet à l’artiste d’élaborer un monde irréel, de concevoir une perfection qui refuserait le quotidien.

Cette passion des romantiques pour les créatures peintes pourrait être interprétée comme une quête de l’Idéal selon Platon. La création pourrait alors revêtir la forme d’une quête philosophique.

 

Selon Platon, les objets du monde appelé « sensible », de ce monde du réel, s’offrent à nous dans leur diversité mais aussi dans leur individualité. Il soutient qu’il existe une autre réalité que celle des sens qui est celle des Idées – ou monde idéal en opposition au monde sensible.

 

Dans ce monde se trouvent les modèles éternels qui sont à l’origine des objets sensibles. Ainsi au monde sensible dans lequel nous vivons, avec ses imperfections, ses différences, sa multiplicité, s’oppose le monde idéal – monde des essences- qui  détient les vérités uniques et éternellement vraies.

L’âme selon lui est immortelle ; ceci pourrait expliquer le fait que certains artistes cultivent la nostalgie de la perfection entrevue puis perdue, qu’ils essaient de reconstituer au moyen de l’art.

 

Perfection, esthétisme, éternité ? N’est-ce pas là une vision très réductrice de l’art ?   

La relation de l’artiste au réel est plus complexe : l’art qui, dans certains cas, joue le rôle d’obstacle entre l’esthète et le réel, assume parfois celui de médiateur.

La contemplation du tableau (représentation d’une femme par exemple) ramène au modèle et l’émotion artistique engendre l’émotion affective ; ayant détourné le regard de l’être de chair qui devrait faire jaillir le sentiment, l’objet d’art l’y ramène ensuite modifié, soit plus aigu et perspicace, soit au contraire troublé et abusé.

Autour de la toile, du portrait, de l’œuvre, se nouent des liens, se créent des drames qui forment le plus souvent la trame psychologique des récits des écrivains romantiques.

 

Le travail de l’artiste est une recherche, une quête, souvent en étroite relation avec son époque. L’artiste est un témoin, il fait évoluer la société en offrant au plus grand nombre ses œuvres qui sont aussi le reflet de cette société toujours en mouvement.

C’est une « manière sensible de parler et de représenter le monde » ; l’art raconte, il transcende, il sublime.

 

 

 

Muriel CAYET - Août 2018

A la source de l'art, le don

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Composition musicale Alexis BAUDOUIN à retrouver sur son site personnel

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